Critique du film « Première année » sur la PACES

Le film « première année » permet d’avoir une bonne idée du déroulement d’une année en PACES, avec son bachotage permanent, le stress des étudiants, l’ambiance surchauffée des amphis.

Cependant ce film est quelque peu caricatural car dorénavant le choix de filière se fait  en ligne et plus en amphithéâtre devant tout les autres étudiants et les résultats sont communiqués par messagerie et non plus sur les tableaux d’affichage de l’université.

Il n’est plus nécessaire de se battre pour obtenir une place au cours car la majorité des universités filment et retransmettent les cours sur internet, et les étudiants peuvent les visionner autant de fois qu’ils en ont besoin.

Mais je comprend les choix du scénariste qui a privilégié l’action au réalisme.

Le film montre des groupes d’étudiants travaillant ensemble mais ne parle à aucun moment des prépas privée qui sont un élément omniprésent dans la vie de l’étudiant en PACES.

C’est donc un film à voir, mais à ne pas prendre pour argent comptant quand on a décidé de poursuivre ces études.

Déroulement d’une année en PACES

Comme l’illustre la couverture de ce livre, l’année de la PACES est un exercice d’équilibriste durant laquelle la moindre erreur pourra vous faire échouer si vous ne réagissez pas rapidement.

Comme un funambule sur sa corde, vous ne devrez donc jamais relâcher votre concentration et rectifier immédiatement tout déséquilibre dans votre façon de travailler sous peine de réduire à néant vos chances de réussite.

Lorsque qu’il commence son année de PACES, un étudiant n’a que rarement une idée précise du déroulement de l’année qui l’attend, ni des problèmes qui pourront survenir et qui peuvent le faire échouer.

Savoir à quoi s’attendre permet souvent d’anticiper et de réagir plus rapidement. C’est pourquoi ce dernier chapitre est consacré à vous raconter le déroulement de l’année de PACES de ma fille, avec toutes les difficultés rencontrées, les questionnements multiples que nous nous sommes posés, et les décisions que nous avons prises pour essayer de passer ce cap que peu d’étudiants réussissent à franchir.

A aucun moment de l’année un étudiant ne peut être certain du résultat final car la moindre contre performance à une épreuve, la moindre maladie, le moindre événement personnel ou familial peut venir compromettre à tout moment un succès, même s’il semble bien engagé. Et pour que vous compreniez bien ce que sera ce sentiment d’incertitude permanent ressenti durant ces huit mois, vous ne saurez donc qu’à la fin si ma fille a réussi ou pas.

La réforme de la PACES va-t-elle vraiment changer les choses

La réforme de la PACES a été annoncée alors que je terminais la rédaction de ce livre.

En entendant que le gouvernement prévoyait de supprimer le numérus clausus et souhaitait réformer le mode de sélection des étudiants dans la filière santé, ma première réaction a été un soulagement pour les milliers de lycéens à venir qui souhaiteraient s’orienter vers ces métiers.

Mais en y réfléchissant un peu plus, j’ai réalisé que cette annonce était essentiellement politique.

La PACES est impopulaire auprès d’un grand nombre d’étudiants et de parents, qui regrettent que l’accès à ces métiers prestigieux et rémunérateurs soit aussi difficile. Le numérus clausus n’a pas la cote car il est le bouc émissaire des pénuries de médecins que l’on rencontre de plus en plus, en particulier dans les campagnes. Cette décision, qui était une promesse de campagne de notre président, serait donc forcément populaire auprès des français.

L’application de cette décision est prévue pour 2020. Deux promotions au minimum vont donc continuer à subir le mode de sélection actuel.

Mais la mise en place de cette réforme va avoir de grandes incidences sur l’organisation des universités, et il y a un risque qu’elle soit décalée de quelques années, comme l’a été le prélèvement à la source.

Actuellement, les étudiants de chaque filière de santé commencent à se spécialiser dès la deuxième année, après avoir réussi le concours de la PACES.

Un étudiant en médecine commence immédiatement à étudier la théorie de son futur métier de médecin, un étudiant en odontologie débute son apprentissage pratique dès cette deuxième année et un étudiant en kinésithérapie commence son cursus dans les écoles de kinésithérapie dès l’obtention de la PACES.

Une sélection progressive des étudiants sur trois années, jusqu’à la licence, va donc profondément modifier l’organisation globale de toutes les études de santé.

L’organisation des universités est très complexe, et modifier un pan complet qui représente près de 60000 étudiants chaque année et qui implique près de huit filières différentes est une réforme de fond qui a peu de chance de pouvoir être mise en place en à peine 18 mois.

D’autre part, le gouvernement ne peut pas prendre le risque de faire sauter tous les verrous qui sélectionnent les futurs professionnels de santé car cela aurait une répercussion sur la qualité des soins en France. La sélection pour accéder à ces métiers sera donc toujours présente, même si ses modalités sont quelques peu différentes.

Il y aura toujours autant de candidats pour accéder à ces métiers, et les promotions seront donc toujours très importantes dans chaque université. La façon d’évaluer les étudiants, même si le terme concours est remplacé par le mot partiel, restera très certainement sous la forme de QCMs car c’est le seul type d’épreuves dont on peut automatiser la correction. Donc même si le programme et les méthodes de sélection de ces études sont remaniés, il restera plus de similitudes avec la PACES que cette annonce nous fait espérer.

Le classement final dans chaque filière de la PACES

La PACES est une année commune à plusieurs filières (Médecine, Odontologie, Pharmacie, Maïeutique, Kinésithérapie, psychomotricien, ergothérapie, et dans certaines universités à manipulateur radio).

Cependant, même si certaines épreuves sont communes, chaque filière propose un concours indépendant avec un classement qui lui est propre.

A un moment de l’année, un étudiant en PACES devra donc s’inscrire à un ou plusieurs de ces concours.

Le jour des résultats, les étudiants seront classés en fonction de leurs moyennes dans chacun des concours qu’ils auront choisis. Les étudiants classés dans le numérus clausus d’une filière seront considérés comme pré-admis, et une partie des autres étudiants seront en liste complémentaire. Ces étudiants devront alors ordonner leur choix de filière.

Pourquoi tant de lycéens choisissent la PACES

Lorsque les lycéens pensent aux métiers du domaine médical, ils ont souvent l’image de tel médecin roulant dans une grosse voiture, possédant une très belle maison, et demandant souvent une somme importante pour une consultation médicale qui aura duré au plus une dizaine de minute.

Ils ont aussi à l’esprit l’image romancée des urgentistes et des chirurgiens des séries américaines, dont le quotidien est rythmé par le sauvetage in extrémis de plein de patients et par de nombreuses histoires d’amour avec leurs collègues.

À l’âge où son enfant doit décider de son orientation professionnelle, il n’a souvent pas le recul nécessaire pour faire la différence entre ces images stéréotypées et la réalité de ces métiers difficiles.

Les UEs techniques, la clef de la réussite en PACES

Ces UEs, qui regroupent des matières comme la chimie, la physique et les mathématiques, ont une grande importance si l’on souhaite réussir le concours. Leur présence explique d’ailleurs pourquoi ce sont principalement des lycéens ayant obtenu un Baccalauréat S qui réussissent la PACES.

Si leurs coefficients pris séparément sont en général inférieurs aux coefficients d’UEs telles que l’UE2 ou l’UE5, l’ensemble de ces UEs représente cependant près d’un tiers de la note finale du concours.

Les questions proposées par ces UEs sont d’un niveau équivalent en difficulté aux exercices proposés dans les épreuves de chimie, de physique et de mathématiques au Baccalauréat S. Elles nécessitent une capacité de réflexion et d’abstraction très nettement supérieure aux autres UEs, et donc, apprendre ces matières par cœur, sans en maîtriser les fondements scientifiques, ne permettra pas d’obtenir un résultat suffisant au concours.

La suite dans le livre

La PACES, une année courte et longue à la fois

Un élève en classe préparatoire aux grandes écoles, lorsqu’il démarre, a devant lui au minimum deux années très difficiles « de bagne » avant son éventuelle libération le jour où il obtiendra le concours à la grande école qu’il souhaite. Ses semaines seront rythmées par quarante heures de cours obligatoires, cours d’un niveau de réflexion très important, et pour réussir il devra passer ses soirées à travailler très tard, ainsi que ses week-ends.

Il sera cependant dans une configuration différente d’un étudiant en PACES car il appartiendra à une classe d’une quarantaine d’élèves, dans un lycée, sera très encadré et aura un minimum de vie sociale et amicale. Il aura régulièrement des contrôles continus qui lui permettront de se situer par rapport aux autres. Son concours n’aura lieu qu’au bout de deux années de travail, et ces années passées lui permettront d’acquérir une certaine maturité par rapport à ses années de lycée. S’il est très doué dans les matières scientifiques, ses capacités lui éviteront des longues heures de travail pour essayer de comprendre tel ou tel concept, ce qui lui permettra de passer ces deux années difficiles plus sereinement.

Un étudiant en PACES sera quant à lui dans une formation universitaire. Il sera un étudiant parmi plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’étudiant inscrits dans sa promotion et il ne sera pas

obligé d’aller en cours. S’il est inscrit au tutorat ou à une prépa privée, il aura environ deux colles d’une heure par semaine, et un ou deux concours blancs par semestre.

Quatre mois à peine après le démarrage de sa vie étudiante il devra passer la première partie de son concours, et une contreperformance dès cette première échéance aura pour conséquence un échec de sa première année.

S’il réussit dès sa première année, son année de préparation n’aura duré que huit mois, ce qui est relativement court par rapport à d’autres préparations aux concours. Cependant, même s’il est doté d’une intelligence supérieure à la moyenne, il ne pourra pas s’éviter de longues heures de révision pour apprendre par cœur toutes les notions à ingurgiter dans un minimum de temps.

La plupart des étudiants suivant l’une ou l’autre de ces deux cursus de préparation aux concours, en particulier les mentions Très bien et Bien au baccalauréat S, ont le potentiel pour réussir dans chacune d’elle. Mais on s’aperçoit qu’un étudiant en PACES est très rapidement dans l’urgence du concours, et qu’il ne peut pas se permettre de prendre son temps.

Il faut être conscient de ses chances de réussir la PACES avant de s’y engager

Avant de s’engager dans des études supérieures, il faut être parfaitement conscient de ses chances de les réussir.

En effet il ne suffit pas de choisir une formation, un métier, pour avoir la certitude d’y arriver. Beaucoup d’enfants rêvent d’être sportif professionnel quand ils sont jeunes, mais peu y arrivent.

Et c’est le cas, à un degré moindre bien sûr, des métiers de santé, dont le passage obligé est de réussir le concours de la PACES.

Beaucoup de jeunes sont attirés par ces métiers, et en particulier les meilleurs étudiants de terminale. Et comme les places sont bien évidemment limitées par le numérus clausus, il faut être réaliste sur les chances de réussite de son enfant.

Faut-il obligatoirement deux ans pour réussir la PACES ?

 

Lorsqu’un étudiant discute avec un médecin, un dentiste ou un kiné, et lui dit qu’il vient de réussir la PACES, la première chose que ce professionnel va lui demander est s’il l’a réussi en un an ou en deux ans. Si l’étudiant lui répond qu’il l’a obtenu en un an, l’étonnement se lira sur son visage, car dans l’esprit collectif de ces professionnels de santé, la PACES est un concours que l’on obtient majoritairement en deux années. Et effectivement, seul un étudiant sur dix réussit à l’obtenir du premier coup.

Un redoublant obtiendra en moyenne deux points de plus que ce qu’il a obtenu la première année. Les étudiants ayant échoué de peu en première année réussissent donc quasi systématiquement le concours l’année suivante. Et ce schéma se reproduit chaque année.

C’est pour cette raison que le gouvernement réfléchit d’ailleurs à une réforme qui ne permettra plus systématiquement à chaque étudiant de redoubler en PACES. Une telle réforme permettrait d’économiser à l’éducation nationale le coût d’une année d’étude universitaire dans un cursus qui contient prêt de soixante mille postulants chaque année. Et ce serait finalement les mêmes étudiants qui réussiraient le concours : un primant qui échoue de peu au concours l’aurait réussi si sa promotion ne comptait pas autant de redoublants, et le réussira très certainement lors de sa deuxième année.

Si cette réforme est mise en place, chaque étudiant n’aura alors plus qu’une chance pour réussir la PACES. La nécessité de se préparer en amont, dès le lycée, sera donc encore plus primordiale.

Les aléas du concours de la PACES

Aucun étudiant lorsqu’il rentre en PACES ne peut avoir la certitude qu’il va l’obtenir à l’issue des une ou deux années de travail intensif qu’il va fournir.

Quel que soit son parcours de lycéen, le métier de ses parents, les préparations privées qu’il fera en parallèle et le nombre d’heure qu’il va passer à travailler tout au long de l’année, le risque qu’il n’obtienne rien restera présent jusqu’au bout.

Et près d’un quart des lycéens ayant obtenu une mention Très Bien et près de la moitié des étudiants ayant obtenu une mention Bien au baccalauréat S échoueront et devront se réorienter vers d’autres formations.

S’engager dans la PACES est donc un pari sur l’avenir que personne ne peut être sûr de gagner.

Une des difficultés de cette formation réside dans le fait que quatre mois à peine après avoir commencé, la première partie du concours va déjà sélectionner les étudiants. Et ne pas réussir haut la main cette première étape, qui compte pour près de la moitié de la note finale, signifiera déjà un échec pour l’année entière.

Une grande partie des étudiants primants échouent tout particulièrement à cette première échéance, car ils n’ont pas encore pris à ce moment-là la mesure de l’obstacle à franchir. Et c’est pour cette raison qu’un étudiant redoublant en PACES a cinq fois plus de chances de réussir le concours car il a déjà acquis tous les automatismes nécessaires pour déjouer les pièges et les difficultés de cette année difficile.

Pour ne pas gaspiller votre première cartouche, il faut donc arriver bien préparé dès le premier jour de votre PACES.