Comment déjouer les pièges des QCMs  en PACES ?

La formulation des QCMs

Réussir les épreuves de la PACES ne nécessite pas uniquement de toujours apprendre seulement par cœur ses différents cours.

Vous avez certainement dû vous concentrer pour déchiffrer cette phrase. Vous l’auriez plus vite comprise si j’avais dit : « apprendre par cœur ses cours n’est pas suffisant pour réussir les épreuves de la PACES ».

Lorsqu’ils préparent les QCMs, les enseignants savent que les étudiants connaîtront leurs cours sur le bout des doigts et que les différents concepts scientifiques seront maîtrisés.

S’ils se contentaient de les formuler simplement, une trop grande proportion réussirait facilement leurs épreuves. La liste des admis au concours en fin d’année s’assimilerait plutôt au résultat d’une loterie qu’à une sélection des meilleurs.

Exercer un métier dans le domaine médical et en particulier poser un diagnostic fiable demande un raisonnement très précis, sans contresens. Ces métiers interdisent toute décision toute faite, trop hâtive, qui pourrait mettre en jeu la vie du patient.

Les enseignants vont donc rédiger les QCMs de manière à sélectionner les étudiants ayant la meilleure capacité de concentration et la plus grande précision dans la réflexion.

Cette capacité à bien les déchiffrer peut s’apparenter aux qualités nécessaires pour résoudre les questions des tests de QI. Cette facilité à comprendre et à utiliser les mots est donc indispensable pour tout étudiant souhaitant réussir la PACES.

Voici quelques exemples de formulations rencontrées :

Toutes les… sont…, à l’exception de…
Il faudra vérifier, entre autres choses, que…
Un des… est…, mais…

On peut constater qu’elles s’apparentent à des énoncés de théorèmes mathématiques.

C’est une des raisons pour laquelle la quasi-totalité des étudiants réussissant la PACES a obtenu un baccalauréat S. D’une part, leur potentiel à raisonner leur a permis d’accéder à cette filière, et d’autre part, ils ont appris la précision mathématique lors de leur première et leur terminale.

Pour répondre correctement aux QCMs, l’étudiant doit acquérir la capacité de décrypter avec une rigueur scientifique les tournures de phrase utilisées par les enseignants.

Savoir jongler avec les puissances de 10 et les unités

Les enseignants vont également vouloir sélectionner les personnes pouvant rester très concentrées pendant toute la durée des épreuves. Ils vont donc ajouter des pièges basiques qui pourront avoir des conséquences très importantes sur la note finale de l’étudiant si celui-ci ne fait pas attention.

Regardons le QCM suivant :

La surface d’un carré de 2 cm de côté est de :

. 4 m2
. 4.10-2 dm2
. 40 mm
. 2 cm2

Si calculer la surface d’un carré est une chose que tout le monde sait faire, résoudre rapidement ce QCM va demander un effort supplémentaire.

Cette façon de proposer les différentes réponses se retrouvera dans la grande majorité des épreuves techniques et l’étudiant doit donc être à l’aise avec les puissances de 10 et les conversions d’unités de mesure.

Le calcul mental

Répondre aux QCMs des UEs techniques nécessite d’effectuer des calculs mentaux rapidement, car la calculatrice est interdite pendant le concours.

L’énoncé comprendra fréquemment une formule mathématique, des données de départ avec des puissances de 10 et des réponses proposant une approximation du résultat.
En voici un exemple :

Une expérience a été réalisée pour déterminer la vitesse de sédimentation notée v de particules sphériques, dans un fluide visqueux. La vitesse v dépend de la masse volumique ρ de la bille de rayon r et des caractéristiques du fluide (de masse volumique ρ0 et de viscosité η) selon

Où g est l’accélération de la pesanteur.
Pour les applications numériques, on donne :

Cocher la proposition donnant la valeur de v.
A. 0,087 2
B. 8,72
C. 0,087 2 m/s
D. 8,72 m/h
E. 0,008 72 m/s

Pour répondre efficacement à ce QCM, il est nécessaire d’effectuer très rapidement un calcul approximatif.

Il faut tout d’abord transformer les données initiales en écriture scientifique, avec des puissances de 10.

  • r = 0,002 m = 2.10-3m
  • 1100-1000=100=102

Puis utiliser la formule de la vitesse de sédimentation donnée dans l’énoncé.

  • v = 2 x 2 x 10-3 x 2 x 10-3 x 102 x 9,81/10-2 x 9

Il faut ensuite réduire les puissances de 10

  • v = 8 x 10-2 x 9,81/9, soit 0,08 x 9,81/9

9,81/9 est égal à un peu plus de 1, donc on déduit que la réponse est légèrement supérieure à 0,08

De cette manière, l’étudiant s’aperçoit très rapidement que la bonne réponse est soit la A, soit la C.

Il convient ensuite de bien connaître l’unité de mesure de la donnée à obtenir pour savoir que le résultat juste est la réponse C.

Les paronymes

Les enseignants utilisent également des paronymes dans la formulation des questions et des réponses. Les paronymes sont des mots de sens différents, mais de forme relativement voisine.

Voici un exemple classique du domaine médical :

Les termes « adduction » et « abduction » ont une orthographe très similaire, mais leur signification est diamétralement opposée. Une adduction est un mouvement qui rapproche de l’axe du corps alors qu’une abduction écarte de l’axe du corps.

Une lecture trop rapide des QCMs pourra donc induire en erreur un étudiant connaissant parfaitement son cours. Et il pourrait ainsi ne pas répondre correctement à certains QCMs relativement faciles.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, répondre efficacement aux questions nécessite une dextérité dans la compréhension verbale, dans le calcul mental, et une capacité à rester concentré tout le temps que va durer l’épreuve.

Un sportif ou un musicien s’entrainent régulièrement pour s’habituer à exécuter tel ou tel geste, et gagner en endurance. Un étudiant en PACES doit lui aussi faire chaque jour des gammes de QCMs pour acquérir les automatismes qui lui seront nécessaires le jour du concours.

Un tiers de son temps doit donc être consacré à travailler sur des annales des années précédentes.

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