Réussir la PACES, oui, mais quel concours ?

Réussir le concours est une chose, mais les statistiques précédentes n’indiquent pas suffisamment les chances d’admissions dans telle ou telle filière ni dans telle ou telle spécialité.

Quelques précisions sur les termes employés :

Les filières sont les différents métiers auxquels ouvre la première année commune aux études de santé (médecine, odontologie, pharmacie, kinésithérapie, maïeutique…).

Les spécialités sont les spécialisations proposées par chaque filière. La cardiologie est par exemple une spécialité de la filière médecine.

Le numérus clausus

Chaque année, le ministère restreint le nombre de places accessibles pour chaque filière de la PACES. Cette limite s’appelle le numérus clausus, et est d’environ 13 000 en France.

Ce numérus se décompose de la façon suivante : 8000 en médecine, 1200 en odontologie (dentaire), 1000 en maïeutique (sage-femme) et 3000 en pharmacie.

Le ministère fixe également un maximum pour les spécialités paramédicales. Deux tiers des 2800 postes de kinésithérapeutes et une partie des 900 places de psychomotriciens sont accessibles par la PACES, les autres étant réservées aux concours internes de chaque école.

Parmi les étudiants réussissant la PACES, environ 55 % obtiendront médecine, 20 % pharmacie, 10 % kinésithérapie, 8 % odontologie dont le numérus est très faible, et 7 % maïeutique.

Le classement dans chaque filière

Bien que la majorité des matières enseignées soient communes, chaque filière dispose d’un concours indépendant. Dès janvier, un étudiant en PACES devra donc s’inscrire à un ou plusieurs de ces concours.

Le jour des résultats du deuxième semestre, il sera classé dans ceux qu’il a choisis. Les personnes qui seront dans le numérus clausus d’une filière seront potentiellement admises, et ceux qui en sont proches seront en liste complémentaire. Ils devront alors indiquer leur préférence pour libérer la place dans les autres concours.

Remarque importante :

Un étudiant reçu en odontologie et en liste complémentaire en médecine peut choisir sans risque médecine en premier choix : si finalement il ne l’obtient pas, il ne perdra en aucun cas le bénéfice du concours d’odontologie.

Quels étudiants obtiennent les filières attractives ?

Les étudiants ayant eu une mention très bien ou bien ont logiquement les meilleurs résultats au concours.

Ils ont donc priorité sur les filières les plus demandées, et ils prennent 80 % des postes disponibles en médecine, et environ deux tiers des places en odontologie et en kinésithérapie.

Pharmacie et maïeutique sont souvent une voie de secours pour les redoublants n’ayant pas réussi médecine ou odontologie. La proportion de mentions assez bien ou passable y est donc beaucoup plus importante.

En kinésithérapie, un métier attractif auprès d’un grand nombre, la répartition des étudiants est uniforme entre les trois mentions au baccalauréat S.

Réalité cachée de la PACES

Un lycéen ayant eu une mention assez bien souhaitant faire médecine, odontologie ou kinésithérapie va donc être en concurrence frontale avec un nombre très important d’étudiants ayant obtenu une mention bien ou très bien.

Ses chances de réussir la PACES n’étaient que de 25 %, mais hélas, il aura des difficultés à accéder à ces filières très convoitées (environ une chance sur quinze pour chacune).

Pour un étudiant sans mention, les chances sont encore plus faibles.

Bien évidemment il pourra parfois obtenir sa place en médecine. Cependant, l’encourager dans cette voie tient plus du pari. Et il sera ensuite en concurrence avec une majorité d’excellents étudiants lors du concours de l’internat cinq ans après.

Conclusion

Comme pour toutes les licences en France, les universités ne peuvent pas interdire de s’inscrire en PACES en fonction des résultats au lycée. Pour cette raison, près de deux tiers des étudiants qui tentent ce concours, attirés par ces métiers prestigieux et rémunérateurs, ont obtenu au mieux une mention assez bien au baccalauréat S.

Ils n’ont pas conscience du peu de chance qu’ils ont de réussir, en particulier médecine qui a été souvent à l’origine de leur choix. La grande majorité de ces étudiants sont réorientés en fin de premier semestre ou à l’issue de la première ou la deuxième année de PACES.

D’autres passent le cap, mais ils sont engagés dans un métier qu’ils n’avaient pas envisagé, car ne correspondant pas à leurs attentes.

Les plus méritants réussissent médecine, mais ils ont beaucoup de mal à obtenir la spécialité qu’ils souhaitent au concours de l’internat cinq ans plus tard, car ils se retrouvent en concurrence avec une majorité d’étudiants excellents.

Louise faisait partie des lycéens ayant le plus de chance de réussir. Mais ces statistiques m’ont fait prendre conscience qu’elle pouvait ne rien obtenir au bout de deux années. Plus grave, elle n’était pas sûre d’avoir la filière ou la spécialité qu’elle espérait, et elle pouvait se retrouver engagée vers un métier qui ne lui plaisait pas.

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