Avantages et inconvénients d’une prépa privée en PACES

Un encadrement et un coaching personnalisé

L’encadrement et le coaching des étudiants sont les premiers arguments mis en avant par ces organismes privés.

Louise a toujours été très organisée au lycée, révisant le soir même les leçons de la journée et classant très consciencieusement ses supports de cours. Elle n’a jamais eu besoin d’aide pour gérer son temps et se motiver pour travailler. Une prépa ne lui serait d’aucune utilité sur ce point.

Si cela n’avait pas été le cas, je ne pense pas qu’un organisme extérieur aurait pu changer suffisamment ses habitudes pour affronter cette compétition. Je lui aurai donc déconseillé fortement de se lancer dans ces études.

Les supports de cours

Avoir des supports de cours détaillés est très important

Les cours de la PACES sont en général très denses, avec beaucoup de schémas. Rédiger un support manuellement en amphithéâtre tout en écoutant les explications du professeur est quasiment impossible.

Certains étudiants s’évertuent à les retranscrire eux-mêmes en les visionnant à plusieurs reprises. Mais en moyenne, un enseignement de trois heures nécessite de trois à cinq heures supplémentaires. Cette période passée pour rédiger ces documents de travail est une perte de temps considérable.

Pour soulager leurs clients, les prépas privées payent chaque année des étudiants de deuxième ou troisième année pour suivre les cours et écrire les supports correspondants. Tous les tutorats ne proposent pas ce service.

Mais cela comporte plusieurs inconvénients

Un des facteurs de réussite en PACES est de travailler ses cours juste après les avoir suivis, car cela permet de les mémoriser plus facilement.

Or les prépas fournissent en général les supports plusieurs jours voire deux semaines après. Les personnes qu’ils payent ont besoin de ce laps de temps pour les rédiger convenablement. Lorsque l’étudiant dispose enfin du document, des dizaines d’heures d’autres enseignements se sont intercalées.

Il peut aussi être tenté de ne pas écouter l’enseignant ou même de ne pas assister au cours. Il n’aura donc pas connaissance de certains détails qui seront rarement retranscrits sur le support, mais qui seront souvent utilisés le jour du concours.

Un autre inconvénient important existe : les documents fournis par les prépas ne sont pas toujours sans erreurs.

Ces supports sont rédigés par des étudiants de deuxième et troisième année et ils ne maîtrisent plus forcément ces matières suffisamment. Et ces documents ne sont que rarement relus par des professionnels de la discipline.

Le meilleur des deux mondes

La solution adoptée par Louise a été la suivante.

De nombreux admis en deuxième année vendent dès juillet leurs cours de prépa au format numérique, pour des montants situés entre dix et cent euros. Elle les a donc achetés à une étudiante et les a imprimés et classés par UE.

Elle avait alors à sa disposition un document complet à 90 % avant chaque cours. Les enseignants intégrant des détails supplémentaires à l’année précédente, elle devait se concentrer pour les ajouter tout en corrigeant les éventuelles erreurs.

Dès le cours terminé, son support était finalisé et elle pouvait commencer à réviser immédiatement.

Les cours supplémentaires en présentiel

La possibilité de mieux comprendre

Un autre argument mis en avant est l’organisation fréquente de travaux dirigés en petits groupes. L’étudiant a ainsi la possibilité d’interagir avec un professeur pour mieux comprendre certains concepts.

Effectivement, les cours magistraux proposés par les universités ne permettent aucune question ou demande de précision. Une séance à effectif restreint, où l’enseignant est présent et disponible, est beaucoup plus propice à des échanges.

Plus d’inconvénients que d’avantages

Un étudiant participant à un TD de deux heures assimilera certaines notions qu’il aurait eu du mal à comprendre seul. Mais combien de concepts supplémentaires aurait-il pu apprendre s’il était resté chez lui à travailler ?

Pendant ces travaux dirigés, il va perdre du temps quand d’autres demanderont des précisions sur des notions qu’il a déjà comprises.

Les trajets pour se rendre à la prépa, les discussions avant et après les cours, et les tentations de sortir vont également le disperser.

Le principal capital d’un étudiant en PACES est le temps, et toute chose lui en faisant perdre diminue ses chances de succès.

Quelles solutions pour bien assimiler les cours ?

Parmi les UEs de la PACES, certaines nécessitent de maîtriser parfaitement certaines problématiques en mathématiques, physique ou chimie. Ce sont les UE1, UE3 et UE4.

Certains de ces concepts ne sont pas forcément faciles et demandent un temps d’analyse qui peut être long si l’on travaille seul.

Pour ces UEs, un apprentissage par cœur ne permettra pas de réussir un maximum de QCMs le jour de l’épreuve. Comprendre parfaitement leur logique scientifique est indispensable pour pouvoir y répondre correctement en un minimum de temps.

Le nombre de travaux dirigés proposés par l’université étant très limité, certains des cours supplémentaires en présentiel mis en place par les prépas peuvent donc s’avérer utiles.

Cependant, une année entière n’est pas nécessaire pour maîtriser les quelques notions qui vont poser problème à l’étudiant. Et bien sûr, les formules d’inscriptions proposées ne sont pas à la carte, car cela serait beaucoup moins rémunérateur pour ces entreprises.

Ayant effectué des études scientifiques, j’ai donc aidé ma fille à comprendre ces différents concepts afin qu’elle ne perde pas trop de temps.

Si je n’avais pas eu cette possibilité, j’aurais plutôt opté pour des cours particuliers auprès d’un enseignant spécialiste de ces disciplines, ce qui aurait été moins couteux et beaucoup plus personnalisé.

Les entrainements supplémentaires aux QCMs

Un autre point mis en avant est l’organisation hebdomadaire de colles. Ces entrainements sont censés permettre à l’étudiant de progresser et de s’évaluer tout au long de l’année.

Chaque tutorat propose aussi des colles, mais ces tests comportent un avantage majeur. Les enseignants de la PACES les rédigent en partie et ce sont ces mêmes personnes qui élaboreront les QCMs du concours.

Ces entrainements sont donc plus en adéquation avec les enseignements de l’université. D’autant plus que pour faire des économies, les prépas proposent souvent des QCMs identiques dans chacune de leurs succursales à travers la France, sans s’adapter aux spécificités locales de chaque faculté.

Un étudiant peut être tenté de multiplier ces entrainements, c’est-à-dire faire les colles de la prépa en plus de celles du tutorat.

Cependant, si elles sont nécessaires pour acquérir des automatismes qui serviront le jour du concours, elles ne permettent pas d’apprendre les cours. En faire trop peut fatiguer inutilement et est redondant.

Je paye donc mon enfant va réussir

Le principal risque d’une inscription à une prépa privée est de supposer que l’admission en deuxième année est forcément acquise puisqu’on y a mis le prix.

Beaucoup d’étudiants et de parents pensent qu’ils n’ont plus qu’à se laisser guider par ces organismes jusqu’à la destination finale, comme un train par ses rails.

Mais l’objectif n’est pas d’obtenir un diplôme, en ayant dix de moyenne. La PACES est un concours et il est nécessaire d’être mieux classé que les autres.

Trois quarts des postulants sont inscrits en prépa, mais seulement un tiers réussissent, et donc une grande majorité échoue.

Passer le cap de cette année difficile demande une implication et une remise en question permanente, et cette tâche ne peut être déléguée à personne.

Et surtout, la somme très importante que ses parents ont dépensée va accentuer la pression de l’étudiant, ce qui risque de lui faire perdre la sérénité nécessaire pour réussir cette année difficile.

Conclusion

Je vous ai exposé dans ce chapitre les raisons pour lesquelles Louise ne s’est pas inscrite en prépa privée.

Les arguments évoqués n’ont pas pour objectif de vous inciter à faire la même chose pour votre enfant, mais plutôt de vous présenter les avantages et les inconvénients perçus avant et pendant son année de PACES. Cela vous permettra d’être mieux informé pour faire ce choix délicat.

Faut-il inscrire son enfant en prépa privée PACES ?

Le dilemme d’un parent

Lorsqu’ils apprennent que leur enfant veut faire la PACES, beaucoup de parents se demandent s’ils doivent leur financer une prépa privée.

Je me suis interrogé également. Est-ce que dépenser 4000 euros pourrait assurer à ma fille le concours, ou tout du moins augmenter significativement ses chances de succès ?

La prépa privée, un gage de réussite ?

Aucune statistique fiable n’existe prouvant un meilleur taux de réussite des étudiants inscrits dans ces organismes.

Et pourtant, l’association nationale des étudiants en médecine semble indiquer qu’une grande majorité d’entre eux (75 %) suivent ces préparations. Ces entreprises sont arrivées à nous faire croire que sans eux, aucun succès n’est possible.

Elles font partie des sociétés les plus rentables. Elles n’hésitent donc pas à exposer avantageusement la réussite de leurs étudiants pour se démarquer de leurs concurrents.

Cependant, leurs résultats sont présentés de manière à en faire une fausse interprétation flatteuse (on peut faire tout dire aux statistiques). Certaines omettent même de préciser qu’elles sélectionnent les lycéens, ce qui augmente artificiellement leurs taux de réussite.

Nous ne devons donc pas prendre pour argent comptant cette idée présentée commodément par ces entreprises commerciales qui nous incitent à nous reposer sur leur savoir-faire.

Pour avoir la conscience tranquille, la solution la plus simple est d’inscrire son enfant. Mais comme on peut le constater, seulement un tiers des étudiants obtiennent le concours alors que près des trois quarts sont engagés dans ces préparations couteuses.

Des avis divergents

Autour de moi j’ai entendu différents points de vue.

Une personne m’a affirmé tout d’abord que la prépa privée était obligatoire pour réussir lorsque son premier enfant a obtenu médecine à la première tentative. Mais cette même personne m’a dit que ce n’était pas forcément aussi évident quand le deuxième a échoué au bout de deux années.

Un autre parent m’a expliqué que son fils avait beaucoup mieux travaillé le deuxième semestre sans prépa que le premier avec.

Ces avis divergents m’ont incité à penser qu’un étudiant qui doit réussir obtiendra le concours qu’il soit inscrit ou non à une prépa.

J’ai donc approfondi un peu la question avant de prendre une décision. C’est ce cheminement que je détaille dans les pages qui suivent.

Le tutorat est indispensable

Pour aider à affronter cette année très difficile, les universités doivent proposer un tutorat à leurs étudiants. Ce service a pour vocation de leur apprendre à mieux appréhender chaque matière et d’acquérir des méthodes de travail.

Ces tutorats sont gérés par des anciens de la PACES et remplissent les mêmes fonctions qu’une prépa privée (cours, QCM, méthodologie, concours blancs) pour un coût de quelques dizaines d’euros par an.

L’inscription au tutorat est indispensable pour réussir. Les enseignants de la PACES rédigent partiellement les colles, et ils y ajoutent des exercices semblables à ceux du concours.

Un demi-point de différence peut faire gagner (ou perdre) près de 50 places et un étudiant confronté à certains types de QCMs au préalable peut augmenter sa moyenne de quelques dixièmes.

La question à se poser est donc la suivante :

Les chances de réussir au concours seront-elles plus importantes si j’inscris mon enfant à une prépa privée, en plus du tutorat ?

La préparation aux QCMs en PACES

À l’exception d’une demi-épreuve rédactionnelle en UE7, l’intégralité du concours de la PACES est sous forme de QCMs (Questionnaire à Choix Multiple).

Pourquoi des QCMs ?

On peut se demander pourquoi les universités privilégient ce système d’évaluation, mais la réponse est simple.

La PACES est le passage quasi obligé si l’on veut exercer un métier de médecin, dentiste, pharmacien, kinésithérapeute ou sage-femme. Et ces métiers attirent de nombreux lycéens.

Les établissements ne sont pas autorisés à sélectionner à l’entrée de cette formation. Elles doivent donc faire face à des promotions comportant parfois plusieurs milliers de postulants. Et ces milliers d’étudiants passeront le concours, et des milliers de copies devront être notées très rapidement chaque semestre.

Les enseignants en PACES sont souvent des professionnels de santé exerçant à l’hôpital en plus de leur métier d’enseignant et de chercheur. Ils n’ont donc pas la disponibilité nécessaire pour traiter plusieurs centaines de copies deux fois par an.

La seule solution trouvée pour faire face à ce problème est d’organiser les épreuves sous forme de QCMs, car des machines à lecteur optique peuvent les corriger automatiquement. Cette méthode permet de réduire le temps nécessaire tout en limitant les risques d’erreurs d’une notation manuelle.

Comment s’entrainer au QCMs dès le Lycée

S’exercer à répondre efficacement à un QCM est important pour réussir la PACES. Un lycéen doit donc commencer à acquérir des automatismes pour bien lire et analyser rapidement les énoncés.

Une solution simple existe : les tests évaluant le quotient intellectuel (QI), qui sont composés de séries de QCMs et ne requièrent pas de savoir particulier.

Ils comportent des exercices de compréhension orale, de calcul mental et de représentation dans l’espace qui sont autant de compétences qui seront nécessaires le jour du concours.

Une bonne compréhension orale est indispensable, car les enseignants aiment les rédiger d’une manière ambiguë, afin de départager les étudiants.

Être performant en calcul mental est également primordial. Certains exercices demandent d’estimer un résultat à partir de formules mathématiques relativement complexes, et la calculatrice est interdite pendant le concours.

Et enfin, avoir une bonne représentation dans l’espace est utile pour réussir l’épreuve d’anatomie, car les questions portent souvent sur la disposition de tel ou tel organe par rapport à un autre dans le corps humain.

Si le lycéen maîtrise déjà les concepts scientifiques correspondants, il peut également s’exercer sur des annales de PACES des UEs techniques. Ce n’est en revanche pas envisageable pour les autres matières, car cela exige trop de connaissances médicales.

Conclusion

Se préparer dès le lycée est rarement conseillé lorsque l’on se renseigne sur ces études. Mais c’est pourtant le principal moyen d’obtenir un avantage significatif sur les autres.

La PACES est une année très courte pendant laquelle l’étudiant aura des difficultés à maîtriser et retenir toutes les informations nécessaires.

Se préparer en amont est une façon d’aborder ces études avec un temps d’avance, et cet avantage pourra être significatif le jour du concours.

Si le lycéen a anticipé, il peut démarrer son année en maîtrisant les UEs techniques et l’UE7. Il peut alors se concentrer exclusivement sur les autres matières qui nécessitent à elles seules un travail considérable.

Les matières à apprendre par cœur en PACES : UE2, UE5 et UE6

L’histologie (UE2), l’anatomie (UE5), et l’initiation à la connaissance du médicament (UE6) sont des épreuves où l’étudiant doit tout apprendre par cœur.

Ces matières sont considérées comme plus simples que les UEs techniques, et ne permettent généralement pas de départager les concurrents.

Le nombre d’informations est très important et les termes employés sont très difficiles à retenir. Pour cette raison, ils oublient très vite ce qu’ils ont appris.

Une personne en deuxième année de médecine n’est d’ailleurs plus en mesure de se souvenir du détail de ces UEs avec suffisamment de précisions quelques mois après. Il a pourtant révisé ces cours dix heures par jour l’année précédente et a réussi le concours de la PACES haut la main.

Commencer à travailler intensivement ces matières dès le lycée n’est donc pas pertinent. Cela prendrait trop de temps à quelqu’un préparant déjà son baccalauréat et il aurait oublié tout ce qu’il a appris l’année suivante.

Une initiation peut cependant être envisagée pour se mettre dans le bain, mais à petite dose.

La culture générale médicale en PACES : L’UE7

L’UE7 est une matière un peu particulière, car c’est la seule UE qui comporte une épreuve rédactionnelle. Elle se déroule généralement au deuxième semestre et son coefficient est important. Une contre-performance n’est donc pas envisageable si l’on souhaite réussir.

Cette matière de culture générale traite des questions de société relatives au domaine médical.

Elle est divisée en 8 grandes thématiques

  • Les métiers de la santé
  • La santé publique et la protection sociale
  • L’origine, l’évolution et la diversité de l’homme
  • La psychologie de l’homme
  • L’éthique et sa diversité ;
  • La communication et le langage
  • La déontologie et le droit ;
  • Les conduites et faits sociaux.

Les problématiques abordées dans cette matière sont des interrogations récurrentes de notre société.

Toutes ces questions de sécurité sociale, d’éthique de la médecine, de déontologie sont des thèmes sur lesquels un adulte aura déjà réfléchi même s’il ne travaille pas dans le domaine de la santé.

Mais ce qui peut paraître évident pour lui ne l’est pas encore pour un jeune qui vient juste d’obtenir son baccalauréat. En prévision de cette épreuve, se forger cette culture générale médicale dès ses années de lycée est donc important.

Si c’était à refaire, Louise aurait lu dès sa terminale des ouvrages préparant à cette UE et en aurait discuté avec nous. Ceci lui aurait permis de gagner du temps pendant son année de PACES et de mieux comprendre les thèmes abordés.

Les matières techniques en PACES : UE1, UE3 et UE4

Le programme de la PACES comporte 70 % de matières à apprendre par cœur et 30 % d’UEs « techniques ». Ces matières sont la chimie (UE1), la physique (UE3), et les mathématiques (UE4).

La majeure partie de ces UEs techniques sont enseignées dès le premier semestre, et elles peuvent poser des problèmes aux primants s’ils n’y sont pas préparés.

Quel est leur degré de difficulté ?

Les exercices auxquels sont confrontés les étudiants dans ces UEs sont d’un niveau de terminale S et ils ne sont donc pas insurmontables pour de bons lycéens. Ils sont en général moins difficiles que dans une préparation aux grandes écoles ou une licence scientifique.

Cependant les épreuves de la PACES sont sous forme de QCMs et le temps disponible le jour du concours pour y répondre ne dépasse généralement pas une minute trente.

Les questions posées comportent souvent des pièges et la moindre nuance de formulation peut induire en erreur. Bien comprendre les concepts scientifiques enseignés afin de pouvoir les appliquer dans des situations différentes est indispensable.

L’étudiant doit maîtriser ces matières et acquérir des automatismes en amont pour pouvoir résoudre rapidement les QCMs proposés, sans réfléchir outre mesure le jour du concours.

Pourquoi ces UEs sont-elles si importantes ?

La quantité d’informations à apprendre par cœur est considérable dans les autres UEs. Les étudiants de PACES n’ont donc pas le temps de creuser ces trois matières techniques et acquérir la maitrise nécessaire pour répondre correctement à un maximum de QCMs.

Pour cette raison, ces UEs sont en général celles qui départagent les concurrents le jour du concours.

Dans les autres UEs dites « par cœur », les étudiants classés jusqu’à deux fois le numérus clausus obtiennent généralement des résultats très proches. Ces UEs ne permettent donc pas de prendre un avantage. Les redoublants d’ailleurs n’ont que peu d’avance sur les primants dans ces matières, car ils ont en général oublié ce qu’ils avaient appris l’année précédente.

Comment se préparer dès le lycée ?

Si c’était à refaire, j’aurais incité Louise à maîtriser dès la terminale ces différentes matières techniques. Elles ne nécessitent pas de connaissances médicales particulières et elles peuvent donc être travaillées la dernière année de lycée.

Dans le chapitre suivant, vous saurez pourquoi je ne pense pas qu’une prépa pendant l’année de PACES soit utile.

En revanche, une préparation privée anticipée durant l’année de terminale peut augmenter significativement ses chances de réussite dans ces matières.

Pour les lycéens ne disposant pas de cette possibilité, la formation à la PACES proposée par le CNED ou un professeur particulier peut aussi être une bonne alternative.

Faut-il se préparer dès le lycée pour réussir la PACES ?

Lors de ma préparation scientifique aux grandes écoles, je m’étais rendu compte que les étudiants ayant travaillé en amont sur le programme, dès leurs années de lycée, avaient beaucoup plus de chances de réussir.

Ceci s’explique par la multitude de nouveaux concepts à assimiler en un minimum de temps durant ces années de préparation à un concours.

Notre cerveau a besoin d’avoir un certain recul sur toute information pour bien la comprendre et pouvoir l’utiliser à bon escient. Pour cette raison, les redoublants en PACES réussissent à obtenir deux tiers des places alors qu’ils ne représentent qu’un tiers des inscrits. Et leur moyenne est en général supérieure de deux points à celle de la première année.

Allonger son temps de préparation, en commençant une année avant les autres, c’est-à-dire dès la terminale, permet de prendre de l’avance. Aucune recette miracle ne peut garantir de réussir le concours de la PACES. C’est une somme de petits avantages à glaner ici ou là, et une préparation anticipée est l’un de ces avantages.

Une nièce qui avait réussi la PACES quelques années auparavant nous avait indiqué que la matière nécessitant le plus de travail était l’anatomie (UE5).

Pour commencer à préparer cette matière, elle a conseillé à Louise le livre « Anatomie à colorier » aux éditions Broché qui permet de se familiariser avec le lexique médical et de comprendre dans le détail les structures et les fonctions du corps humain.

Nous l’avons acheté pendant les vacances d’été avant l’année de terminale. En parallèle de la préparation de son baccalauréat, elle a donc colorié les 170 planches que comporte l’ouvrage, ce qui lui a permis d’avoir une première approche des concepts en anatomie.

Ce travail préalable lui a certainement été utile, mais il n’était pas suffisant.

Si c’était à refaire, Louise aurait dû se préparer beaucoup plus efficacement.

Les étudiants qui débutent en PACES sont très désavantagés vis-à-vis des redoublants, mais des moyens existent pour réduire ce handicap. Commencer à travailler dès le lycée sur certains aspects du programme en est un.

Réussir la PACES, oui, mais quel concours ?

Réussir le concours est une chose, mais les statistiques précédentes n’indiquent pas suffisamment les chances d’admissions dans telle ou telle filière ni dans telle ou telle spécialité.

Quelques précisions sur les termes employés :

Les filières sont les différents métiers auxquels ouvre la première année commune aux études de santé (médecine, odontologie, pharmacie, kinésithérapie, maïeutique…).

Les spécialités sont les spécialisations proposées par chaque filière. La cardiologie est par exemple une spécialité de la filière médecine.

Le numérus clausus

Chaque année, le ministère restreint le nombre de places accessibles pour chaque filière de la PACES. Cette limite s’appelle le numérus clausus, et est d’environ 13 000 en France.

Ce numérus se décompose de la façon suivante : 8000 en médecine, 1200 en odontologie (dentaire), 1000 en maïeutique (sage-femme) et 3000 en pharmacie.

Le ministère fixe également un maximum pour les spécialités paramédicales. Deux tiers des 2800 postes de kinésithérapeutes et une partie des 900 places de psychomotriciens sont accessibles par la PACES, les autres étant réservées aux concours internes de chaque école.

Parmi les étudiants réussissant la PACES, environ 55 % obtiendront médecine, 20 % pharmacie, 10 % kinésithérapie, 8 % odontologie dont le numérus est très faible, et 7 % maïeutique.

Le classement dans chaque filière

Bien que la majorité des matières enseignées soient communes, chaque filière dispose d’un concours indépendant. Dès janvier, un étudiant en PACES devra donc s’inscrire à un ou plusieurs de ces concours.

Le jour des résultats du deuxième semestre, il sera classé dans ceux qu’il a choisis. Les personnes qui seront dans le numérus clausus d’une filière seront potentiellement admises, et ceux qui en sont proches seront en liste complémentaire. Ils devront alors indiquer leur préférence pour libérer la place dans les autres concours.

Remarque importante :

Un étudiant reçu en odontologie et en liste complémentaire en médecine peut choisir sans risque médecine en premier choix : si finalement il ne l’obtient pas, il ne perdra en aucun cas le bénéfice du concours d’odontologie.

Quels étudiants obtiennent les filières attractives ?

Les étudiants ayant eu une mention très bien ou bien ont logiquement les meilleurs résultats au concours.

Ils ont donc priorité sur les filières les plus demandées, et ils prennent 80 % des postes disponibles en médecine, et environ deux tiers des places en odontologie et en kinésithérapie.

Pharmacie et maïeutique sont souvent une voie de secours pour les redoublants n’ayant pas réussi médecine ou odontologie. La proportion de mentions assez bien ou passable y est donc beaucoup plus importante.

En kinésithérapie, un métier attractif auprès d’un grand nombre, la répartition des étudiants est uniforme entre les trois mentions au baccalauréat S.

Réalité cachée de la PACES

Un lycéen ayant eu une mention assez bien souhaitant faire médecine, odontologie ou kinésithérapie va donc être en concurrence frontale avec un nombre très important d’étudiants ayant obtenu une mention bien ou très bien.

Ses chances de réussir la PACES n’étaient que de 25 %, mais hélas, il aura des difficultés à accéder à ces filières très convoitées (environ une chance sur quinze pour chacune).

Pour un étudiant sans mention, les chances sont encore plus faibles.

Bien évidemment il pourra parfois obtenir sa place en médecine. Cependant, l’encourager dans cette voie tient plus du pari. Et il sera ensuite en concurrence avec une majorité d’excellents étudiants lors du concours de l’internat cinq ans après.

Conclusion

Comme pour toutes les licences en France, les universités ne peuvent pas interdire de s’inscrire en PACES en fonction des résultats au lycée. Pour cette raison, près de deux tiers des étudiants qui tentent ce concours, attirés par ces métiers prestigieux et rémunérateurs, ont obtenu au mieux une mention assez bien au baccalauréat S.

Ils n’ont pas conscience du peu de chance qu’ils ont de réussir, en particulier médecine qui a été souvent à l’origine de leur choix. La grande majorité de ces étudiants sont réorientés en fin de premier semestre ou à l’issue de la première ou la deuxième année de PACES.

D’autres passent le cap, mais ils sont engagés dans un métier qu’ils n’avaient pas envisagé, car ne correspondant pas à leurs attentes.

Les plus méritants réussissent médecine, mais ils ont beaucoup de mal à obtenir la spécialité qu’ils souhaitent au concours de l’internat cinq ans plus tard, car ils se retrouvent en concurrence avec une majorité d’étudiants excellents.

Louise faisait partie des lycéens ayant le plus de chance de réussir. Mais ces statistiques m’ont fait prendre conscience qu’elle pouvait ne rien obtenir au bout de deux années. Plus grave, elle n’était pas sûre d’avoir la filière ou la spécialité qu’elle espérait, et elle pouvait se retrouver engagée vers un métier qui ne lui plaisait pas.

Puis-je réussir la PACES si je n’ai pas de mention au baccalauréat ?

Un peu plus d’un tiers des postulants ayant un baccalauréat S réussissent le concours de la PACES. Mais ce chiffre est encore trop imprécis. Un étudiant ayant obtenu son diplôme difficilement a moins de chances que celui obtenant une mention très bien.

Voici la répartition des pourcentages de réussite en fonction de la mention au baccalauréat.

Le profil des primants réussissant le concours

Le tableau ci-dessus permet de constater que 50 % des étudiants ayant eu une mention très bien obtiennent le concours dès la première année, ce qui correspond à la moitié des 13 % des primants qui réussissent.

Ceux ayant une mention bien ont quant à eux une chance sur cinq, donc ils représentent environ un tiers des personnes accédant à la deuxième année du premier coup.

En conclusion, les étudiants obtenant la PACES en un an ont en grande majorité au moins une mention bien.

Les chances de réussir en fonction de sa mention

Les étudiants ayant obtenu une mention bien ou très bien ont respectivement une chance sur deux et trois sur quatre de réussir le concours.

Pour les autres, le pourcentage de succès est beaucoup plus limité : 25 % pour la mention assez bien, et 10 % pour les étudiants sans mention.

Quelle conclusion en tirer ?

Si son enfant n’a pas obtenu de mention, l’encourager à suivre ces études est risqué. À moins qu’il ne vise pas exclusivement les spécialités les plus demandées (médecine, odontologie ou kinésithérapie) comme nous le verrons par la suite.

En ce qui nous concerne, Louise a un baccalauréat S avec mention bien. Mais lors de sa première et sa terminale, elle avait toujours obtenu une moyenne supérieure à seize. Elle était donc potentiellement du niveau des mentions très bien.

Nous avons estimé que ses possibilités de réussir le concours dès la première année étaient de 50 %, et qu’elle avait trois chances sur quatre de passer ce cap difficile.

Un baccalauréat S est-il indispensable pour réussi rla PACES ?

Chaque année, plus de 60 000 étudiants s’inscrivent en PACES dont 93 % ont obtenu un baccalauréat S.

Les chances de réussite des primants sont faibles

13 % des étudiants ayant un baccalauréat S réussiront le concours dès la première année (1 sur 8), et pour les autres séries, seulement 0,4 % !

Les redoublants réussissent mieux

23 % des carrés ayant un baccalauréat scientifique et 2,3 % des autres étudiants réussissent le concours.

Vos chances d’obtenir le concours

En cumulant les deux années, environ un tiers des étudiants (36 %) ayant un baccalauréat S passeront le cap de la PACES.

Et seulement 2,7 % (un sur trente-sept) pour les autres !

Conclusion

Ces chiffres permettent de tirer quelques premières conclusions

Les parents ne doivent généralement pas encourager leur enfant à tenter le concours de la PACES s’il n’a pas un baccalauréat S. Sauf s’il a réussi dans une autre série haut la main et qu’il est très motivé pour ces métiers.

S’il a obtenu un baccalauréat S, comme c’était le cas pour Louise, ils doivent le mettre en garde du risque d’échec. Rien n’est acquis, car il n’a qu’une chance sur trois de réussir.