Les chances de réussir la PACES

Avant de s’engager dans des études supérieures, un lycéen doit être parfaitement conscient de ses chances de les réussir.

Choisir une formation, une profession, ne veut pas dire avoir la certitude d’y arriver. Beaucoup d’enfants rêvent d’être sportif professionnel quand ils sont jeunes, mais peu le deviennent.

C’est aussi le cas des métiers de la santé, à un degré moindre.

Beaucoup sont attirés par ces métiers et en particulier les meilleurs étudiants de terminale. Comme les places sont limitées par le numérus clausus, Louise devait connaître ses chances de réussite pour qu’elle décide en connaissance de cause.

Plusieurs statistiques officielles sont disponibles sur internet. Les universités et le ministère de l’Enseignement supérieur fournissent un certain nombre de chiffres, ce qui permet de se faire une idée sur les profils des lycéens qui réussissent le concours de la PACES.

Les études après la PACES 

Deux premières années plutôt agréables

Un étudiant qui réussit le concours de médecine de la PACES va directement en deuxième année l’année suivante.

Pendant les deux premières années, les cours vont être essentiellement théoriques et une moyenne de dix suffira.

Cette première phase est la plus facile. C’est la seule période pendant laquelle les futurs médecins pourront avoir une existence normale, avec les sorties et les activités que l’on prête souvent à la vie étudiante.

L’externat, la PACES en pire !

C’est à partir de la quatrième année que les choses vont être très compliquées.

Ce cycle, nommé « l’externat », dure trois années et se conclut par le concours très difficile de l’internat. En fonction de son classement à ce concours, chaque étudiant pourra choisir la future spécialité médicale qu’il exercera ensuite.

Ce cursus comprend plusieurs stages dans différents services hospitaliers qui occuperont la moitié de son temps. Certains de ces stages seront intéressants, d’autres se limiteront à faire des taches de secrétariat.

Pendant cette période, il effectue de nombreuses gardes les nuits, les dimanches et les jours fériés. Ces gardes sont payées environ cinquante euros et durent de 12 à 24 heures.

Le concours de l’internat

En parallèle, il devra préparer d’arrache-pied le concours de l’internat.

Les spécialités médicales les plus prisées par les externes sont en général l’ophtalmologie, la radiologie et la cardiologie, qui sont parmi les professions les mieux rémunérées. Seuls les meilleurs peuvent espérer les obtenir.

Les moins attractives sont la médecine du travail, la biologie médicale, la santé publique et la psychiatrie.

La moitié des postes sont en médecine générale. Dans les autres métiers, quelques places uniquement sont proposées dans chaque région. Un étudiant en médecine devra donc souvent se délocaliser s’il a la chance d’obtenir une spécialité très demandée.

Beaucoup d’étudiants abandonnent pendant l’externat

Cette période de l’externat est la plus difficile. Le futur médecin est très peu rémunéré et il doit parfois assumer un travail à côté pour financer ses études.

Le rythme est épuisant, entre ses cours, ses stages à l’hôpital et la préparation du concours de l’internat. Il doit à nouveau, comme durant son année de PACES, mettre sa vie personnelle entre parenthèses.

60 % des étudiants en médecine pensent un jour ou l’autre à abandonner, et près de 20 % jettent l’éponge réellement, en particulier pendant leur externat.

L’internat est-il plus facile ?

Le cycle suivant dure de trois à six ans, en fonction de la spécialité.

Durant son internat, l’étudiant sera rémunéré entre 1500 et 2500 euros bruts. Il n’aura plus que quelques cours théoriques et il passera l’essentiel de son temps dans différents services des hôpitaux publics et privés où il travaillera au minimum 48 heures par semaine.

Cette période est également très difficile. Les gardes sont nombreuses et le niveau de responsabilité peut être élevé pour des personnes n’ayant pas encore terminé leurs études.

Les restrictions budgétaires ont accentué le mal-être des soignants, et cela se répercute sur les externes et surtout les internes.

Pourquoi beaucoup d’étudiants choisissent les études de santé

Lorsque les lycéens envisagent les métiers de la santé, ils pensent souvent à tel ou tel médecin possédant une belle voiture, une grande maison, et un salaire très confortable.

Ils ont à l’esprit l’image romancée des urgentistes et des chirurgiens des séries américaines, dont le quotidien est rythmé par le sauvetage in extrémis de nombreux patients et les histoires d’amour avec leurs collègues.

À l’âge où son enfant doit décider de son orientation professionnelle, il n’a souvent pas le recul nécessaire pour faire la différence entre ces images stéréotypées et la réalité de ces métiers difficiles.

Lorsque Louise nous a annoncé qu’elle voulait faire la PACES, nous avons pensé que notre rôle n’était pas d’accepter ou pas qu’elle s’engage dans cette voie.

Il était plutôt de l’informer sur les études qui suivraient si elle réussissait le concours et de lui présenter les avantages et les contraintes de ces métiers. Car obtenir la PACES est la première marche difficile d’un long parcours.

Elle avait toujours été une bonne lycéenne et elle avait de grandes chances de réussir ce concours. En conséquence, elle pouvait être engagée ensuite dans un cycle d’études dont elle n’aurait pas perçu au départ toutes les difficultés ni les contraintes.

Deux ans sont-ils obligatoires pour réussir la PACES ?

Lorsqu’un étudiant discute avec un médecin, un dentiste ou un kinésithérapeute et lui dit qu’il vient d’obtenir la PACES, la première chose que ce professionnel va lui demander sera : « Vous l’avez réussie en un an ou en deux ans ? »

S’il répond un an, l’étonnement se lira sur le visage de son interlocuteur, car dans l’esprit collectif de ces professionnels de santé, ce concours est généralement réussi la deuxième année.

Effectivement, seul un étudiant sur dix l’obtient du premier coup.

Une promotion compte deux tiers de primants et un tiers de redoublants. Mais deux tiers des carrés et un tiers des premières années sont classés dans le numérus clausus. Redoubler est donc souvent nécessaire sauf pour certains qui ont le plus souvent un baccalauréat avec mention bien ou très bien.

Pourquoi le redoublement va-t-il être interdit

Un redoublant a en moyenne deux points de plus que l’année précédente. Les carrés ayant échoué de peu en première année réussissent donc en grande majorité le concours. Et ce schéma se reproduit chaque année.

C’est pour cette raison que le gouvernement réfléchit à une réforme qui interdira le redoublement en PACES. Une telle réforme permettrait d’économiser à l’éducation nationale le coût d’une année d’étude universitaire dans un cursus qui compte près de soixante mille postulants chaque année.

Au bout du compte, ce seront les mêmes qui obtiendront le concours. Un primant qui échoue de peu l’aurait eu si sa promotion ne comptait pas autant de redoublants, et le réussira très certainement lors de sa deuxième année.

Si cette réforme est mise en place, chaque étudiant n’aura plus qu’une chance et la nécessité de se préparer en amont, dès le lycée, sera donc encore plus indispensable.

Les aléas du concours de la PACES

Aucun étudiant lorsqu’il envisage de tenter la PACES ne peut avoir la certitude de l’obtenir à l’issue d’une ou deux années de travail intensif.

Quels que soient son parcours scolaire, le métier de ses parents, les préparations privées qu’il fera en parallèle et le nombre d’heures qu’il révisera tout au long de l’année, le risque qu’il n’obtienne rien restera présent jusqu’au bout.

Environ un quart des lycéens ayant une mention très bien et la moitié de ceux ayant une mention bien au baccalauréat S échoueront et devront se réorienter vers d’autres formations.

S’engager dans la PACES est donc un pari sur l’avenir que personne ne peut être sûr de gagner.

Une des difficultés de cette formation est que quatre mois à peine après la rentrée, la première partie du concours va déjà sélectionner les étudiants. Ne pas réussir haut la main cette première étape, qui compte pour près de la moitié de la note finale, signifiera un échec pour l’année entière.

La majorité des primants échouent à cette première échéance. Ils n’ont pas encore pris à ce moment-là la mesure de l’obstacle à franchir.

Pour cette raison, un redoublant a beaucoup plus de chances de réussir le concours, car il a déjà acquis tous les automatismes nécessaires pour déjouer les pièges de cette année difficile.

Pour ne pas gaspiller votre première cartouche, vous devez donc être bien informé et bien préparé dès le premier jour.

LA PACES est une année pleine d’incertitude

Nous avons vécu cette année comme une série pleine de rebondissements et d’incertitude. Pour cette raison vous ne découvrirez qu’à la fin du livre comment elle s’est terminée. Et son dénouement fut différent de ce que nous pensions quand elle a débuté en septembre.

Nous avons souhaité écrire ce livre pour que les futurs étudiants sachent à quoi s’attendre, et qu’ils évitent de faire les mêmes erreurs que font beaucoup, faute d’être bien préparés à cette année très spéciale.

La majorité des jeunes qui tentent la PACES ont tout pour réussir ces études. Ils sont motivés, travailleurs, bien organisés et ils ont toujours eu de très bons résultats. Mais si ces qualités sont indispensables, ce n’est cependant pas suffisant. Et malheureusement, beaucoup de brillants lycéens n’obtiennent rien au bout de deux années faute de s’être adaptés correctement aux particularités de ce concours.

Pourquoi certains réussissent-ils et d’autres échouent alors qu’ils ont le même niveau au départ ?

Parce qu’ils ont trouvé les méthodes de travail les plus efficaces et les plus pragmatiques pour faire face aux réalités de cette épreuve. Ils ont compris que ces méthodes doivent être différentes de celles utilisées tout au long de leur parcours de lycéen.