En PACES, raccourcir ses nuits est-il une bonne idée ?

Un étudiant en PACES sait qu’il doit réviser beaucoup pour réussir.

Pour échapper à la pression, il étudie le plus grand nombre d’heures possible, sans toujours tenir compte de l’efficacité de ses efforts.

Mais ce qui prime pour obtenir ce concours, ce n’est pas la quantité de travail. Il doit travailler intelligemment plutôt que travailler dur, et profiter de nuits de sommeil suffisantes est une manière de gérer de façon optimale son année.

D’autres moyens existent pour gagner du temps de révision, moins pénalisants que de rogner sur ses heures de repos.

Durant son année, nous avons incité Louise à ne pas travailler plus tard que 22 heures, et c’est une consigne qu’elle a respectée quasiment 100 % du temps.

En PACES, Un étudiant doit savoir déléguer quand il ne comprend pas

Parfois, l’étudiant va être confronté à une question à laquelle il ne répondra pas correctement. Et dans certains cas, il ne comprendra pas pourquoi telle proposition est la bonne et pas une autre, bien qu’il ait relu son cours.

La raison de cette incompréhension pourra être tout simplement parce que le corrigé est faux. En effet, les corrections données par le tutorat, les prépas privées et même les livres proposant des séries de QCMs ne sont pas exemptes d’erreurs.

Mais le plus souvent, ce sera parce qu’il n’a pas compris suffisamment toutes les subtilités de son cours, ou que celui-ci n’est pas assez détaillé et précis.

Peut-il en rester là ?

Il lui faudra à tout prix comprendre, car une question similaire pourra tomber le jour du concours et ce sont souvent ces QCMs les plus difficiles qui vont départager les concurrents.

Cependant, approfondir un point spécifique du cours n’est pas un luxe qu’un étudiant en PACES peut se permettre, car cela peut lui faire perdre rapidement plusieurs heures.

Il va donc devoir s’appuyer sur quelqu’un pour effectuer ce travail. Ce peut être un professeur particulier, un enseignant de l’université, ou bien les forums en ligne.

L’objectif d’un étudiant de PACES n’est pas de prouver sa capacité à être autonome. Son but est d’apprendre le plus de choses afin de répondre correctement à un maximum de QCMs et être classé devant les autres le jour du concours.

Comment déjouer les pièges des QCMs  en PACES ?

La formulation des QCMs

Réussir les épreuves de la PACES ne nécessite pas uniquement de toujours apprendre seulement par cœur ses différents cours.

Vous avez certainement dû vous concentrer pour déchiffrer cette phrase. Vous l’auriez plus vite comprise si j’avais dit : « apprendre par cœur ses cours n’est pas suffisant pour réussir les épreuves de la PACES ».

Lorsqu’ils préparent les QCMs, les enseignants savent que les étudiants connaîtront leurs cours sur le bout des doigts et que les différents concepts scientifiques seront maîtrisés.

S’ils se contentaient de les formuler simplement, une trop grande proportion réussirait facilement leurs épreuves. La liste des admis au concours en fin d’année s’assimilerait plutôt au résultat d’une loterie qu’à une sélection des meilleurs.

Exercer un métier dans le domaine médical et en particulier poser un diagnostic fiable demande un raisonnement très précis, sans contresens. Ces métiers interdisent toute décision toute faite, trop hâtive, qui pourrait mettre en jeu la vie du patient.

Les enseignants vont donc rédiger les QCMs de manière à sélectionner les étudiants ayant la meilleure capacité de concentration et la plus grande précision dans la réflexion.

Cette capacité à bien les déchiffrer peut s’apparenter aux qualités nécessaires pour résoudre les questions des tests de QI. Cette facilité à comprendre et à utiliser les mots est donc indispensable pour tout étudiant souhaitant réussir la PACES.

Voici quelques exemples de formulations rencontrées :

Toutes les… sont…, à l’exception de…
Il faudra vérifier, entre autres choses, que…
Un des… est…, mais…

On peut constater qu’elles s’apparentent à des énoncés de théorèmes mathématiques.

C’est une des raisons pour laquelle la quasi-totalité des étudiants réussissant la PACES a obtenu un baccalauréat S. D’une part, leur potentiel à raisonner leur a permis d’accéder à cette filière, et d’autre part, ils ont appris la précision mathématique lors de leur première et leur terminale.

Pour répondre correctement aux QCMs, l’étudiant doit acquérir la capacité de décrypter avec une rigueur scientifique les tournures de phrase utilisées par les enseignants.

Savoir jongler avec les puissances de 10 et les unités

Les enseignants vont également vouloir sélectionner les personnes pouvant rester très concentrées pendant toute la durée des épreuves. Ils vont donc ajouter des pièges basiques qui pourront avoir des conséquences très importantes sur la note finale de l’étudiant si celui-ci ne fait pas attention.

Regardons le QCM suivant :

La surface d’un carré de 2 cm de côté est de :

. 4 m2
. 4.10-2 dm2
. 40 mm
. 2 cm2

Si calculer la surface d’un carré est une chose que tout le monde sait faire, résoudre rapidement ce QCM va demander un effort supplémentaire.

Cette façon de proposer les différentes réponses se retrouvera dans la grande majorité des épreuves techniques et l’étudiant doit donc être à l’aise avec les puissances de 10 et les conversions d’unités de mesure.

Le calcul mental

Répondre aux QCMs des UEs techniques nécessite d’effectuer des calculs mentaux rapidement, car la calculatrice est interdite pendant le concours.

L’énoncé comprendra fréquemment une formule mathématique, des données de départ avec des puissances de 10 et des réponses proposant une approximation du résultat.
En voici un exemple :

Une expérience a été réalisée pour déterminer la vitesse de sédimentation notée v de particules sphériques, dans un fluide visqueux. La vitesse v dépend de la masse volumique ρ de la bille de rayon r et des caractéristiques du fluide (de masse volumique ρ0 et de viscosité η) selon

Où g est l’accélération de la pesanteur.
Pour les applications numériques, on donne :

Cocher la proposition donnant la valeur de v.
A. 0,087 2
B. 8,72
C. 0,087 2 m/s
D. 8,72 m/h
E. 0,008 72 m/s

Pour répondre efficacement à ce QCM, il est nécessaire d’effectuer très rapidement un calcul approximatif.

Il faut tout d’abord transformer les données initiales en écriture scientifique, avec des puissances de 10.

  • r = 0,002 m = 2.10-3m
  • 1100-1000=100=102

Puis utiliser la formule de la vitesse de sédimentation donnée dans l’énoncé.

  • v = 2 x 2 x 10-3 x 2 x 10-3 x 102 x 9,81/10-2 x 9

Il faut ensuite réduire les puissances de 10

  • v = 8 x 10-2 x 9,81/9, soit 0,08 x 9,81/9

9,81/9 est égal à un peu plus de 1, donc on déduit que la réponse est légèrement supérieure à 0,08

De cette manière, l’étudiant s’aperçoit très rapidement que la bonne réponse est soit la A, soit la C.

Il convient ensuite de bien connaître l’unité de mesure de la donnée à obtenir pour savoir que le résultat juste est la réponse C.

Les paronymes

Les enseignants utilisent également des paronymes dans la formulation des questions et des réponses. Les paronymes sont des mots de sens différents, mais de forme relativement voisine.

Voici un exemple classique du domaine médical :

Les termes « adduction » et « abduction » ont une orthographe très similaire, mais leur signification est diamétralement opposée. Une adduction est un mouvement qui rapproche de l’axe du corps alors qu’une abduction écarte de l’axe du corps.

Une lecture trop rapide des QCMs pourra donc induire en erreur un étudiant connaissant parfaitement son cours. Et il pourrait ainsi ne pas répondre correctement à certains QCMs relativement faciles.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, répondre efficacement aux questions nécessite une dextérité dans la compréhension verbale, dans le calcul mental, et une capacité à rester concentré tout le temps que va durer l’épreuve.

Un sportif ou un musicien s’entrainent régulièrement pour s’habituer à exécuter tel ou tel geste, et gagner en endurance. Un étudiant en PACES doit lui aussi faire chaque jour des gammes de QCMs pour acquérir les automatismes qui lui seront nécessaires le jour du concours.

Un tiers de son temps doit donc être consacré à travailler sur des annales des années précédentes.

Comment aborder les colles en PACES

Pendant l’année de PACES, peu d’événements viennent casser la routine des mois d’apprentissage.

Aucun contrôle continu ou devoir surveillé ne sont proposés comme au lycée, et les seuls points de repère sont les colles régulières mises en place.

Deux à trois fois par semaine, l’étudiant a la possibilité de s’évaluer sur une matière. Ces colles comportent un nombre de QCMs et ont une durée identique à celle du concours, et les grilles de réponse officielles sont utilisées.

La grande majorité des étudiants sont inscrits au tutorat, et environ deux tiers de la promotion participent régulièrement à ces tests.

Pourquoi sont-elles si importantes

Avoir comme point de mire ces entrainements est primordial pour entretenir sa motivation. Ils devront être préparés comme le concours final, avec une révision importante de la matière la veille ou les heures qui précèdent, et une analyse de la correction.

Le classement obtenu à ces colles est relativement significatif de ce qu’il pourra être le jour du concours. Cependant, un très bon résultat ne doit pas être pris pour argent comptant.

D’une part, tous les étudiants ne les travaillent pas intensivement, alors que le jour de l’épreuve finale ils seront dans leur grande majorité beaucoup mieux préparés.

Et d’autre part, tout le monde n’y participe pas. En effet, certains, dont beaucoup de redoublants, ne jugent plus utile de passer une colle de plus. D’autres préfèrent assister à celle organisée par leur prépa qui est programmée au même moment.

A contrario, si un étudiant obtient un résultat peu satisfaisant alors qu’il n’a pas eu le temps de réviser sérieusement l’ensemble de la matière, cela ne doit pas le décourager outre mesure.

Pour avoir une idée de son classement au concours, il est nécessaire de multiplier par deux celui de la colle et de le comparer ensuite au numérus clausus. Ceci permet d’estimer ses chances de réussite.

Comment sont calculées les notes

La note obtenue ne permet pas de connaître le nombre de bonnes réponses de l’étudiant.

En effet, une fois tous les résultats calculés par le correcteur automatique, un processus statistique (le gaussage) les modifie pour avoir une fourchette de notes allant de 2 à 18 sur 20.

La note brute de chacun est donc soit diminuée, soit augmentée. Et ce processus sera identique le jour du concours.

En général, un résultat de 15 correspondra à une note finale de 13 et à un classement aux alentours du numérus clausus. Pour pouvoir évaluer son degré de préparation dans la matière, l’étudiant doit donc utiliser la correction de la colle fournie par le tutorat juste après l’épreuve.

Un débriefing nécessaire après chaque colle

Jusqu’à deux fois le numérus clausus, un étudiant a toutes ses chances de réussir le concours. Sur une promotion de 1000 avec 250 places proposées, les 500 meilleurs auront des résultats très proches et ils répondront correctement à environ trois quarts des QCMs.

Une note brute de 15 est en conséquence insuffisante pour être sûr d’obtenir sa PACES. Ce sont les 25 % de questions qui ont posé des difficultés à la majorité des concurrents qui feront la différence.

L’étudiant doit donc comprendre pourquoi il ne les a pas réussis : est-ce parce que le cours n’a pas été appris ou assimilé ? Est-ce que la formulation comportait un piège ou une nuance qu’il n’a pas discernée ?

Ce travail régulier sur les questions auxquelles il n’a pas su répondre va lui permettre petit à petit de récupérer des dixièmes de points qui seront susceptibles de faire la différence le jour du concours.

Les UEs techniques, la clef de la réussite en PACES

Ces UEs, qui concernent des matières comme la chimie, la physique et les mathématiques, ont une grande importance si l’on souhaite obtenir le concours. Leur présence explique d’ailleurs pourquoi ce sont principalement des lycéens ayant un baccalauréat S qui réussissent la PACES.

Si leurs coefficients pris séparément sont en général inférieurs à ceux d’UEs telles que l’UE2 ou l’UE5, ils représentent près d’un tiers de la note finale.

En quoi sont-elles différentes des autres UEs ?

Les questions sont de difficulté équivalente aux exercices proposés au baccalauréat S.

Elles nécessitent une capacité de réflexion et d’abstraction très nettement supérieure aux autres UEs. Apprendre ces matières par cœur, sans en maîtriser les fondements, ne permet pas d’obtenir un bon résultat au concours.

Elles posent souvent un problème aux étudiants, car les cours magistraux sont relativement succincts, se limitant généralement à une énumération de concepts scientifiques et de formules. Des travaux dirigés sont donc nécessaires pour les approfondir.

Il ne faut pas se contenter du cours de la PACES

Pour réussir ces épreuves techniques, un étudiant ne doit pas se limiter au cours de l’université, ni même aux supports proposés par la prépa. Ils sont en général trop synthétiques et ne permettent pas de comprendre la logique des notions exposées.

Pour cette raison, j’ai conseillé à ma fille de lire des cours de licence scientifique, qui traitent de ces mêmes matières, mais d’une façon plus détaillée.

Cependant, pour effectuer ce travail dépassant légèrement le programme de la PACES, une personne maîtrisant ces disciplines doit aider l’étudiant afin qu’il ne soit pas livré à lui-même.

Comment travailler ces UEs techniques ?

Chaque matière ne contient au maximum qu’une dizaine de concepts scientifiques à assimiler. Cependant, les formulations des questions autour d’un même sujet sont très nombreuses, et comportent très souvent des pièges.

Certains QCMs annoncent le résultat et il faut en retrouver les données initiales. D’autres vont proposer des réponses multiples très proches pouvant faire hésiter l’étudiant. Leur résolution nécessite généralement d’effectuer un calcul mental avec des formules assez complexes pouvant induire une erreur. La difficulté pour l’étudiant sera que tous ces obstacles devront être déjoués en moins d’une minute trente par question le jour du concours.

Une seule solution : s’entrainer régulièrement

Une fois les concepts bien compris, faire beaucoup de QCMs à partir d’annales est donc nécessaire. Cela permet d’obtenir des automatismes pour déchiffrer les diverses formulations proposées, et de s’entrainer aux calculs mentaux à effectuer.

Ce sont ces matières qui vont faire la différence le jour du concours, car beaucoup, bien que travaillant énormément, n’arriveront qu’à comprendre partiellement les concepts scientifiques, parfois même sans s’en rendre compte.

Un étudiant qui réussit très rapidement à maîtriser ces UEs va gagner un temps considérable pour pouvoir réviser les autres UEs dites par cœur.

Et comme indiqué précédemment, commencer ces matières dès la terminale permet de bien les comprendre, avec le recul nécessaire, ce qui est difficile pendant l’année de PACES qui ne dure que quelques mois.

Comment apprendre ses cours en PACES ?

Les UEs à apprendre par cœur

Une condition nécessaire pour réussir la PACES est de savoir sur le bout des doigts les cours des UEs dites « par cœur ».

La majeure partie de l’UE2 qui traite de la cellule et des tissus, et l’UE5 qui concerne l’anatomie humaine en sont deux exemples.

Pourquoi ces matières sont-elles difficiles à retenir

Ces matières comportent une quantité très importante de notions médicales à connaître qui sont la plupart du temps indépendantes les unes par rapport aux autres. La compréhension de certains concepts ne permet pas, comme en mathématiques ou en physique, de mieux les retenir.

Un objet composé de quatre pieds et d’une planche, sur lequel on peut manger, s’appelle une table. C’est ainsi, et la façon dont cette table a été fabriquée, inventée, et son utilité pratique ne permettent pas de savoir que cet objet se nomme « table ».

Pour préparer ces UEs, un étudiant en PACES va devoir apprendre par cœur des centaines de notions médicales qu’il va devoir mémoriser sans pour autant en comprendre l’utilité ou l’origine.

Prenons l’exemple de l’extrait de cours ci-dessous :

Il existe 2 types de cellules qui diffèrent par leur organisation et leur fonction :

·         Les cellules eucaryotes : par exemple, une amibe et un chat sont 2 cellules constituées par des cellules eucaryotes, mais observables dans leur ensemble à des échelles différentes : micrométrique pour l’amibe et décimétrique pour le chat

·         Les cellules procaryotes…

Dans cet extrait de cours, on apprend que deux types de cellules existent, qu’elles sont appelées les cellules eucaryotes et les cellules procaryotes, et qu’elles diffèrent par leur organisation et leur fonction. Ces caractéristiques ne peuvent pas se déduire de ce que l’étudiant sait déjà, et il doit les apprendre par cœur.

Une façon de travailler ces matières est de revoir son support immédiatement après avoir assisté au cours. Cela permet d’en mémoriser le maximum tant que c’est encore frais à l’esprit. À la fin de cette relecture, le contenu lui semblera clair et appris.

Malheureusement, quelques jours plus tard, les nombreux autres enseignements auxquels il aura assisté entre-temps auront effacé une grande partie de ce qu’il pensait avoir définitivement mémorisé jusqu’au concours.

Les noms très techniques des termes médicaux, et l’impossibilité de se construire des chemins mnémotechniques accentueront ce problème.

La méthode adoptée par Louise

Avec le recul d’une année de PACES, la seule façon de mémoriser ces cours est de les revoir un maximum de fois pendant le semestre.

Et il faut faire en sorte que la dernière relecture ne soit pas trop éloignée du jour de l’épreuve, car ces notions sont difficiles à retenir sur le long terme. Un chapitre connu sur le bout des doigts à un moment donné sera oublié un mois après et l’étudiant ne sera plus en mesure de répondre efficacement aux différents QCMs.

La fréquence de ces relectures sera en fonction du temps dont vous disposerez, sachant que vous aurez beaucoup de cours à réviser.

Pourquoi ne pas faire plutôt des QCMs ?

Une autre façon d’aborder ces UEs est de ne pas trop s’attarder sur le cours, mais de faire un maximum d’annales.

Nous pensions au début de l’année que travailler initialement sur des QCMs permettrait de mieux mémoriser les termes médicaux. Nous supposions que de cette manière, Louise arriverait rapidement en à retenir la quasi-totalité.

Mais avec le recul, cette façon de faire n’est pas efficace. Le nombre d’informations est trop important et répondre à une question pour assimiler une notion particulière parmi des centaines est trop chronophage, pour une mémorisation à moyen terme quasiment équivalente. Cette méthode est cependant celle à appliquer pour les matières techniques.

Conclusion

Pour réussir le concours de la PACES, avoir une note minimum de treize à ces épreuves est indispensable, car elles ont un coefficient important par rapport à d’autres UEs.

Obtenir une telle note demande un travail considérable qui va occuper 70 % du temps de l’étudiant, car il va devoir relire plusieurs fois des dizaines de cours tout au long de chaque semestre.

Cependant, ces épreuves départagent le moins au concours. Elles ne nécessitent pas une capacité de réflexion trop importante, et ce sont les matières les plus révisées.

Un travail intense de ces cours est donc obligatoire, mais non suffisant pour réussir.

Comment limiter son isolement social en PACES ?

Une épreuve psychologique difficile

La chose la plus difficile en PACES est de devoir mettre sa vie sociale entre parenthèses pendant huit mois.

Travailler seul dans son appartement pendant de longues heures, loin de sa famille et de ses amis, en s’interdisant toute sortie et autre activité est une épreuve psychologique très difficile.

Un élève en classe préparatoire aux grandes écoles va devoir lui aussi beaucoup réviser, mais il bénéficiera de l’ambiance d’une classe dans un lycée et de professeurs très présents pour le motiver.

Un étudiant dans une formation universitaire classique sera livré à lui-même. Il sera un étudiant parmi plusieurs centaines de sa promotion, sans encadrement spécifique de la part de ses enseignants. Mais il pourra compenser cet isolement en sortant avec ses amis et en ayant des activités extra-universitaires riches en rencontres et en expériences.

Un étudiant en PACES aura les inconvénients des deux mondes. Il sera très peu guidé, aura peu de contact avec les autres personnes de sa promotion, aura des échéances sélectives tout au long de l’année et devra travailler 90 % de son temps.

C’est pour ces raisons qu’un grand nombre d’étudiants abandonnent plus ou moins rapidement, ou se relâchent à un moment ou un autre de l’année.

Le problème de cette formation est que pour avoir une chance d’obtenir le concours, cet isolement est indispensable.

Quelques solutions pour limiter cet isolement

Peu de solutions pour limiter cette solitude ont convenu à Louise, car elles devaient rester compatibles avec le travail nécessaire pour réussir cette année.

La première fut de privilégier au maximum le temps passé à étudier dans l’environnement familial. Pour cette raison, elle ne s’est rendue à son université que lorsque c’était vraiment indispensable, pour assister à certains travaux dirigés ou participer aux colles. Elle révisait tout autant à notre domicile, et savait que nous étions présents quand elle voulait faire une pause.

La deuxième solution fut d’aller travailler fréquemment à la bibliothèque universitaire. De cette façon, tout en étant dans un univers calme et studieux, elle se sentait moins seule, car entourée par les autres étudiants.

Avec le recul

Si c’était à refaire, un moyen aurait été plus judicieux.

Louise aurait dû proposer à quelques personnes motivées de réviser régulièrement avec elle. En effet, étudier en groupe rompt l’isolement des participants et crée une émulation bénéfique pour le travail, en favorisant l’échange de connaissances.

Assister à tous les cours est-il nécessaire en PACES ?

Les cours magistraux

Comme je vous l’ai indiqué précédemment, la PACES est une course de vitesse. Gagner du temps permet de réviser plus et potentiellement d’obtenir un meilleur classement au concours.

N’habitant pas une ville universitaire, nous avons loué un appartement. Sachant que les durées de déplacement peuvent être longues, nous l’avons choisi à moins de dix minutes à pieds de son campus.

Ma fille n’avait donc pas à utiliser les transports en commun souvent bondés et générateurs de stress inutile. Elle a ainsi gagné du temps pour se rendre aux différents cours lors du premier semestre.

Un grand nombre de ses amis ont loué un appartement plus loin nécessitant de prendre le tramway. Ils devaient fréquemment attendre plusieurs rames et ils gaspillaient parfois près d’une heure. Cela peut paraître un problème secondaire, mais une heure supplémentaire chaque jour peut faire gagner des places au concours.

Ma fille est allée en cours tout le premier semestre. Ils avaient lieu dans un grand amphithéâtre et étaient retransmis dans d’autres salles de l’université. Elle était à l’endroit où se trouvait le professeur, et paradoxalement, ce ne fut pas un avantage. Aucune interaction avec lui n’était possible et c’est dans cet amphithéâtre que les carrés (les redoublants) venaient pour perturber les primants.

Finalement, c’est plus efficace sur internet

La présence au cours n’étant pas obligatoire, Louise a décidé au début du deuxième semestre de ne plus y assister en présentiel, mais plutôt de les suivre en direct sur internet. Ceci a eu plusieurs avantages.

Elle a bien sûr gagné le temps qu’elle prenait à se préparer et à se rendre sur le campus. Mais surtout, elle a pu se concentrer davantage sur les explications de l’enseignant, sans aucune perturbation extérieure.

Cela a malheureusement augmenté son isolement social, mais les cours en PACES ne sont cependant pas propices à faire des rencontres, car tous les étudiants se regardent en chiens de faïence à cause de la pression du concours.

Cette décision lui a permis également de raccourcir sa semaine. Au lieu de rentrer le vendredi et de repartir le dimanche, elle a pu revenir chez nous dès le jeudi après sa dernière colle et n’y retourner que le mardi matin. Elle pouvait travailler avec autant d’intensité tout en profitant de l’ambiance familiale.

Les travaux dirigés et les colles du deuxième semestre ne débutant qu’à partir de février, elle est même restée chez nous tout le mois de janvier. Cette période a été bénéfique et ses résultats ont été nettement meilleurs que précédemment.

Les travaux dirigés

Les travaux dirigés proposés sont en nombre assez limité : environ deux par semaine toutes UEs confondue.

Ces TDs regroupent une cinquantaine d’étudiants et ont pour objectif d’approfondir certains concepts.

Leur intérêt est qu’ils permettent de poser des questions au professeur, ce qui est impossible en cours magistral.

L’inconvénient est que le rythme est donné par ceux qui sont le moins en avance, ce qui peut faire perdre du temps aux meilleurs.

Au démarrage, Louise y assistait régulièrement, mais au fur et à mesure de l’année, elle a sélectionné ceux auxquels elle a participé.

Les travaux dirigés des UEs dites « par cœur » ne présentent que peu d’intérêt, car le niveau de réflexion nécessaire pour ces matières est plutôt limité.

Pour les UEs techniques, ils permettent effectivement de comprendre certaines notions qui sont restées floues à la suite du cours magistral.

Mais le problème est toujours le même. Si un étudiant a besoin de deux heures pour assimiler un ou deux concepts scientifiques, c’est un signal d’alerte sur ses chances de réussir le concours.

La PACES est une formation qui n’autorise pas de prendre son temps. S’efforcer à comprendre une question complexe est un luxe qu’un étudiant ne peut pas se permettre. Il est donc préférable qu’il délègue cette tâche à une autre personne.

C’est pour cette raison que j’ai aidé Louise à analyser les différents points qui lui posaient des difficultés. Mais effectuer ce travail dès la terminale aurait été encore plus judicieux.

L’avantage caché des travaux dirigés

Cependant, assister aux travaux dirigés a un intérêt plus important.

Depuis que la plupart des cours magistraux sont enregistrés et disponibles en ligne, de moins en moins d’étudiants assistent aux cours en présentiel.

Cette augmentation de l’absentéisme se constate également dans les travaux dirigés, car certains préfèrent se rendre à ceux proposés par leur prépa.

Ces absences peuvent être pénalisantes, car les enseignants, qui sont pour la plupart des personnes attachées au service public, ont trouvé une parade.

Les exercices travaillés dans les travaux dirigés sont souvent présents dans l’épreuve finale dont ils ont la responsabilité.

Un étudiant n’y assistant pas prend le risque de ne pas savoir résoudre certaines questions difficiles qui peuvent faire la différence le jour du concours. Et il ne pourra pas compter sur ses autres concurrents pour l’informer des QCMs travaillés pendant les TDs.

Louise s’est donc forcée toute l’année à suivre ceux qui concernaient les matières techniques.

Les loisirs et des sorties en PACES

Tout étudiant se demande quelle place il peut accorder aux loisirs et aux sorties pendant cette année de travail intensif.

Ce n’est pas normal qu’un jeune de dix-huit ans n’ait pas de divertissement et ne sorte pas avec ses amis. Mais la PACES n’est pas non plus une année « normale ». Un étudiant motivé pour la réussir doit donc accepter d’avoir une vie différente pendant cette année-là.

Toute activité annexe, sauf pendant la période de Noël entre les deux semestres, va lui faire perdre du temps d’apprentissage.

Une sortie tard le soir aura pour conséquence une fatigue le lendemain qui l’empêchera de réviser efficacement. Un repas avec des amis va le disperser et le déprimer, car il se rendra compte que sa vie est entre parenthèses pendant cette période.

Cependant, il ne pourra pas limiter ses activités à travailler et dormir pendant huit mois. Il sera en mesure de tenir ce rythme une ou deux semaines, mais la dépression peut survenir très rapidement.

Beaucoup d’étudiants sont pleins de bonnes intentions début septembre, motivés à rester dans leur bulle de travail pendant les huit mois que dure la PACES. Mais ils s’aperçoivent vite qu’ils ne vont pas pouvoir tenir.

Quelles sont les activités compatibles ?

Le sport et quelques bonnes séries ont aidé Louise à s’accrocher. Ces activités, bien que solitaires, lui ont permis de décompresser régulièrement.

Lorsqu’elle travaillait de longues heures d’affilée, elle avait à l’esprit qu’en fin de journée elle pourrait se détendre en regardant tel ou tel film, ce qui devenait pour elle la récompense de ses efforts.

Faire du sport a compensé la sédentarité que lui imposait son année d’apprentissage.

Ces quelques activités très limitées avaient l’avantage de la relaxer tout en évitant de trop la disperser et de lui donner envie de faire autre chose que travailler.

Comment s’organiser pour travailler efficacement  en PACES

La différence avec une classe préparatoire aux grandes écoles

Lorsqu’il débute, un élève en classe préparatoire aux grandes écoles a devant lui au minimum deux années très difficiles jusqu’à ce qu’il réussisse un concours.

Ses semaines seront rythmées par quarante heures de cours obligatoires et il devra passer ses soirées et ses week-ends à réviser.

Il appartiendra à une classe d’une quarantaine d’élèves dans un lycée, sera très encadré et aura un minimum de vie sociale et amicale. Son concours n’aura lieu que deux années plus tard ce qui lui permettra d’acquérir une certaine maturité par rapport à ses années de lycée.

S’il est très doué dans les matières scientifiques, ses capacités lui éviteront de longues heures de travail pour comprendre ses cours et il passera ces deux années difficiles plus sereinement.

Un étudiant en PACES sera quant à lui dans une formation universitaire. Il sera un étudiant parmi plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’inscrits dans sa promotion et il ne sera pas obligé d’aller en cours.

S’il participe au tutorat ou à une prépa privée, il aura environ deux colles d’une heure par semaine, et un ou deux examens blancs par semestre.

Quatre mois à peine après le démarrage de son année, il devra passer la première partie de son concours, et une contre-performance dès cette première échéance aura pour conséquence un échec de sa première année.

S’il réussit dès sa première année, cela n’aura duré que huit mois ce qui est relativement court par rapport à d’autres préparations.

Cependant, même s’il est doté d’une intelligence supérieure à la moyenne, il ne pourra pas éviter de longues heures de révision pour apprendre par cœur toutes les notions à assimiler dans un minimum de temps.

Pourquoi la PACES est-elle plus difficile

La plupart des étudiants suivant l’une ou l’autre de ces deux formations, en particulier les meilleurs lycéens de terminale S, ont le potentiel pour réussir dans chacune d’elle.

Mais la différence majeure est qu’un étudiant en PACES est très rapidement dans l’urgence du concours et il doit donc constamment éviter de gaspiller son capital temps s’il veut avoir une chance de réussir.

Pour pouvoir économiser ce capital, il va devoir s’infliger un isolement social important qu’il ne pourra peut-être pas endurer psychologiquement.